Beaucoup d’élèves utilisent la méthode du « martelage » pour apprendre une leçon ou réviser pour un examen. On lit, on relit, on re-relit. Parfois on écrit, réécrit le cours tel qu’il a été donné… en espérant que les informations s’incrustent dans notre cerveau qu’on puisse les ressortir au moment du devoir ou de l’examen.
Les élèves utilisent souvent ce type de méthode par méconnaissance du fonctionnement de leur cerveau, ils pensent même souvent bien faire.
La simple relecture et même les lectures à répétition sont des stratégies d’apprentissage qui donnent des résultats insatisfaisants et décourageants. Cela engendre aussi des effets négligeables sur les apprentissages en général et le rapport à l’école des élèves.
J’aime beaucoup le terme de « martelage » car sa définition résume tout le problème :
Marteler : répéter avec insistance, sans faire appel au raisonnement.
Tout est dit !
- Les plus gros gains en termes de mémorisation sont produits quand il y a un effort qui est fait pour se souvenir.
A l’inverse, la relecture ne demande pas d’effort au cerveau. Elle ne produira donc pas de mémoire à long terme. Lorsque que nous relisons un cours, nous mémorisons et apprenons très peu car aucun effort n’est fourni pour se remémorer.
Plus nous faisons un effort pour retrouver une information dans notre cerveau, mieux il va fixer l’information et plus nous apprendrons. Ce savoir sera alors intégré, nous apprenons « mieux ».
- Apprendre commence par savoir repérer ce qu’on ne sait pas.
- Pour avoir une idée de ce que l’on doit apprendre, il faut évaluer notre niveau de connaissance sur le sujet.
L’auto évaluation est une des clefs dans toutes les méthodes d’apprentissage efficace. Si l’élève ne se teste pas lui-même AVANT, il n’a pas conscience de ce qu’il ne sait pas.
C’est seulement dans la mise à l’épreuve qu’il peut se rendre compte qu’il ne parvient pas à se souvenir des idées clefs de la leçon et encore moins à les appliquer dans un autre contexte.
Pour savoir où aller, il faut savoir précisément où nous en sommes.
- « Ah ca oui, on l’a vu l’autre jour…» , « Et ça aussi je m’en rappelle !! », « Ah oui ça je sais ! »
Cette méthode conduit à une illusion de connaissance : à force de relire, l’élève se familiarise avec le texte et la lecture devient de plus en plus aisée au fil des relectures. Cette aisance face au texte peut engendrer l’illusion d’une certaine maîtrise du contenu.»
Quand on a l’impression de connaitre son cours, cela nous rassure et ça peut même nous donner des sensations de plaisir! En réalité, à ce moment-là, l’élève confond connaître et reconnaître.
La désillusion arrive avec le résultat du devoir ou de l’examen…
Et La suite on la connait :
« Pourquoi je n’ai pas réussi alors que j’ai révisé ? »,
« Je ne comprends pas , je connaissais le cours… »,
« Je suis nul(le) »
La démotivation peut alors vite s’installer. Tout ce temps passé à réviser de façon très ennuyeuse – pour un résultat bien en dessous des espérances. L’investissement qui ne paye pas, ça ne donne pas vraiment envie de recommencer…
« Mais qui leur apprend à apprendre justement ? », « personne ne lui a appris ça, c’est normal ? » sont des questions de parents qui reviennent très souvent sur le sujet des révisions.
En effet c’est assez interpellant de se dire qu’un jeune va passer plus de 10 ans de sa vie dans des endroits explicitement dédiés aux apprentissages MAIS recevra très peu (voire aucune) éducation au fonctionnement de son cerveau d’apprenant.
Autant les enseignants du primaire passent beaucoup de temps à donner des clefs pour les apprentissages (faire s’exercer, trouver des moyens mnémotechniques), les enseignants du secondaire doivent consacrer -eux- la majorité de leur temps à transmettre, expliquer et animer leur matière. Il reste trop peu de temps pour accompagner les élèves dans la méthodologie de travail et la mémorisation des cours.
C’est donc à l’élève d’apprendre à apprendre- par lui-même. Apprendre à être autonome fait partie de l’apprentissage du métier d’élève, et de l’adolescence en général d’ailleurs. Il est par contre embêtant d’exiger une telle autonomie de la part des élèves, sans leur donner les ressources et outils pour y parvenir.
Les parents ont alors un rôle à jouer, en apportant aide et conseil. Néanmoins, ils peuvent souvent se sentir démunis – de façon très légitime d’ailleurs – vu la complexité des ressorts de l’apprentissage (et du fonctionnement adolescent). S’ajoute à cela les émotions inhérentes à chaque famille et BOUM le moment des devoirs ou le sujet de l’école devient très compliqué pour tout le monde.
« Mais alors, c’est quoi LA méthode ? »
Vous avez tous déjà entendu qu’il y a plusieurs profils d’apprenants et que chacun a sa façon particulière d’apprendre. Chaque cerveau est différent et il ne peut pas y avoir UNE méthode unique.
On peut néanmoins relever plusieurs points cruciaux dans les méthodes d’apprentissage et de mémorisation :
- Contraindre son cerveau à se souvenir (avant de relire le cours)
- S auto évaluer
- Espacer les séances de révision en fonction du contenu
- Reformuler
- Trouver des exemples, re contextualiser
- Fabriquer ses propres supports
Savoir « comment apprendre » ne suffit pas pour « mieux apprendre »
Ce serait si simple s’il suffisait d’expliquer comment réviser… Et bien non ! Il ne suffit pas de donner une méthode pour que le jeune se l’approprie et que ça fonctionne.
- L’élève doit être accompagné : lui faire découvrir d’autres méthodes de travail et lui permettre d’ajuster sa manière d’apprendre.
- L’élève doit pouvoir s’engager : en l’aidant à comprendre pourquoi certaines stratégies fonctionnent et pas d’autres, ses erreurs/difficultés prennent un autre sens. Il faut aussi que l’adolescent(e) voit clairement que la balance coûts/bénéfices penche en sa faveur.
Pour permettre cet engagement de l’élève, l’accompagnement doit :
- s’inscrire dans la durée et offrir un climat de travail bienveillant.
- encourager et valoriser l’expérience : l’aider à engranger une expérience d’apprentissage efficace, sur laquelle il pourra s’appuyer pour la suite.
N’hésitez pas à prendre contact avec moi si :
- votre enfant est découragé/démotivé face aux révisions
- échangez sur la situation de votre enfant
- vous souhaitez allez plus loin sur le sujet au travers d’ouvrages ou autres ressources